J141 – Kobe Shanghai sur l’eau

Cher Journal,

Après un petit déjeuner indien (!), nous partons à pied sous une pluie légère direction le terminal du port. Il y a plusieurs jetées et j’espère que le point Google Maps donné sur le site de la compagnie est le bon.
Après 30mn de marche avec nos sacs, je suis rassuré de voir un bateau affichant « Osaka Kobe Shanghai » : on est au bon endroit !
On avait réservé mais le paiement se fait uniquement sur place au comptoir. On nous confirme que les repas sont inclus dans le prix, parfait ! Aucune file d’attente, aucun contrôle des bagages pour la sortie du Japon (même pas un scan !), on nous tamponne les passeports et nous montons directement sur le bateau. Celui-ci fait aussi cargo, mais aucune activité sur le port, je suppose qu’il est déjà chargé.

Nous partons vers 11h, pendant une démonstration de sécurité où nous portons tous un gilet de sauvetage. Le gilet enfant qu’ils ont donné à Lucie est trop petit, nous l’échangeons contre un adulte, ce qui donne lieu ensuite à un imbroglio car nous avons au final 4 gilets adultes et 1 enfant, et nous ne savons pas si nous devons garder le gilet adulte en trop. Au moins 3 personnes de l’équipage se mêlent de la question. Ils croient d’abord qu’on manque de gilet, puis m’accompagnent dans la cabine pour enlever un gilet adulte… Qui reviendra quelques heures plus tard !
La compagnie est chinoise et japonaise mais le personnel de bord semble chinois uniquement. Quand l’anglais est difficile, ce qui est rapidement le cas, les applications de traduction sont de retour, mais surtout une vraie volonté de nous aider.

Le bateau est récent. Notre cabine pour 4 est très confortable, avec banquette, petite table et salle de bain.
Il y a des machines à laver et sécher gratuites, ce qui nous permet de nous mettre à jour côté linge propre.
Il y a du wifi gratuit mais symbolique car il n’a pas assez de débit pour vraiment naviguer avec. Ce n’est pas un souci, sauf pour remplir en ligne un formulaire pour l’immigration chinoise. Mais le personnel nous aide, notamment en captant de la 4G car nous sommes près des côtes japonnaises au début. D’ailleurs nous le resterons jusque dans la première nuit, ce que je n’avais pas anticipé et qui est plutôt sympa pour les vues sur l’archipel.
On passe sous le pont menant à Shikoku, le plus grand pont qu’on ait traversé au Japon : aller et retour en train, et maintenant dessous en ferry !

Le bateau peut recevoir 192 passagers mais nous ne sommes qu’une quarantaine… dont 10 français.
Nous discutons avec un couple et un groupe de 4. Tous sont sur un voyage au long cours. Et 2 ont un nom qui se prononce comme le mien, même s’ils ne l’écrivent pas pareil ! On raconte nos trajets et expériences respectifs, on échange les Insta et Polarsteps. Et on diffuse le 13, le jeux de cartes star de Mongolie et de notre famille !
Certains ont pris une année sabbatique et partent sur plusieurs continents en limitant l’avion sur chacun d’entre eux. D’autres sont saisonniers et sont venus sans avion jusqu’au Japon, par le transsibérien jusqu’à Vladivostok, puis par un bateau jusqu’en Corée.

Nos filles sont les seules enfants à bord, elles peuvent profiter de la piscine à balle autant qu’elles veulent 🙂
Il y a aussi un casque de VR avec quelques petits jeux. Ça coûte environ 150 yen pour 10mn, soit pas grand chose. Lucie et moi faisons du ski et Chloé du sabre laser en musique. C’est assez osé de faire de la VR sur un bateau car à l’illusion du mouvement s’ajoute le roulis réel du navire 🙂
Heureusement, dans l’archipel japonais et près de la côte chinoise la mer est calme. Mais pendant la première nuit c’est nettement plus agité, ce qui rend malade Lucie et Coline ; heureusement Chloé reste endormie. De mon côté pas de soucis, à part la difficulté à dormir à cause des mouvements.
Les repas sont agréables, sauf la viande que je ne trouve pas terrible, mais on a du choix. L’équipage insiste pour qu’on aille manger à l’heure ! Par exemple pour le petit déjeuner (8h – 9h) j’avais mis un réveil à 8h20. Mais à 8h25 on frappe à la porte et 2 personnes entrent quelques secondes plus tard alors que je m’habille (c’est la notion d’intimité à la chinoise 🙂 ).

Nous n’avons pas testé les pièces dédiée au Majong, ni les cabines de karaoké pour 1 à 2 personnes, mais nous allons au bar le deuxième soir en y entendant chanter. Un couple chante au micro, c’est un karaoké « public ». Je demande s’il y a des chansons françaises, mais non. Le couple nous prépare alors « Hotel California » et nous donnes 2 micros ! L’intention est adorable alors on fait de notre mieux pour faire honneur à la chanson… D’après Lucie c’est raté 🙂

Après 46h de navigation (notre trajet de ferry le plus long), nous accostons à Shanghai, ravis.
Nous sommes chanceux d’avoir pu prendre ce bateau car avant notre départ en juillet, il était encore suspendu pour des raisons de travaux sur le terminal de Shanghai. Comme c’est l’unique liaison maritime pour passagers entre le Japon et la Chine, on était prêts à repartir par la Corée, mais ça faisait un gros détour quand même.
Les tensions entre la Chine et le Japon sont montés d’un cran 2 semaines avant qu’on monte à bord, mais avec surtout pour effet des annulations de touristes chinois vers le Japon. On savait que la géopolitique s’inviterait dans notre voyage, mais pour le moment tout se passe bien !

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