Dans les rizières, des buffles gris tirent les charues.
Pattes dans la boue, air paisible, mais puissants.
Depuis combien de temps cela se perpétue ?
Jusqu’où ira la lignée de ces paysans ?
Les parcelles, collées, forment un puzzle inondé
Depuis les rails aux montagnes, à perte de vue.
Le soleil, se couchant, magnifie les reflets,
Et miroite les silhouettes aux chapeaux pointus.
Il me vient soudain une odeur de cannelle
Un vendeur ambulant ou un rêve éveillé ?
La mélodie vietnamienne est elle bien réelle ?
Les secousses du train m’ont elles trop bercé ?
Mon voisin se rend aux funérailles de son frère :
C’est bien réel et non mon imagination.
33 heures de pleurs ou 33 heures de trêve ?
Notre trajet est commun jusqu’à Saïgon.



