J245 – Un train au goût de victoire

Cher Journal,

Nous sommes dans un train à Sumatra, à plus de 10.000 km de chez nous !

Plus de 10 ans qu’on désire ce voyage d’une année.
Des ultimes mois de préparation stressants, excitants, déroutants, encourageants.
8 mois qu’on y est, qu’on voyage en famille sans avion, qu’on franchit les frontières, qu’on expérimentent des trains, des logements, des langues, des plats…

Ce train indonésien a un goût de victoire.
Mais pas une victoire contre, une victoire pour.
Une victoire qui se partage.

En traversant le détroit de Malacca, entre la Malaisie et Sumatra, je sentais que ce train était à portée de nous, à un dernier trajet à peine.

Et en fait, rien n’a été simple !

Pas de bus direct pour Rantau Prapat (et sa gare). Ou un bus partant dans l’autre sens, suivi d’un bus couchette arrivant en pleine nuit.
Pas de Grab pour une distance aussi longue.
Pas de contact de taxi sous la main.
Alors, je fouille Google Maps, trouve des agences de voyage. Je tente de les joindre par message en anglais.
Et puis, après 2h de doute, après avoir résisté à la tentation de renoncer et de faire ce qui semble le plus convenu, arrive une réponse positive !
On se lance donc le lendemain dans 7h de route (pauses comprises).
Arrivé à notre guesthouse de Rantau Prapat, à 10mn de la gare, je tente de réserver notre train pour le lendemain, en vain, avec parfois une file d’attente de 20mn sur le site… Étrange. Rien ne disait que ce train était vite complet. Mais parfois les horaires s’affichent quand même, ça ne me semble pas normal.

On n’a pas fait tout ce chemin pour rater ce train du bout du monde !

Allez, je saute dans un tuk tuk vers la gare. Avec le traducteur, j’échange avec l’agent. Je comprends qu’il n’y a pas de train complet, qu’il faut simplement utiliser l’appli, ou venir 3h avant le départ, ce n’est qu’à partir de ce moment qu’on peut acheter nos billets en gare.
Je reviens à la Guesthouse plutôt rassuré.
En début de soirée je retente sur le téléphone… Et ça marche !

Alors là, au moment où j’écris ces lignes, dans ce train direction Medan, je me sens bien. J’ai le sourire. L’aventure n’est pas finie, loin de là.
Mais j’ai la pêche.

Conformément à mon ticket, je suis bien voiture 2, siège 4C… mais ce n’est pas que pour ça que je me sens à ma place.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A lire aussi...

J37 – Ruminer l’intensité

Cher Journal, Comme les vaches qui ruminent l’herbe, j’ai besoin de retraiter les émotions fortes.Après l’intensité d’une rencontre, d’une suite de paysages, d’immensités vertigineuses, j’ai

Lire la suite »