Voyager en train au Japon sans JR Pass : notre retour d’expérience
Voici nos conseils pour voyager en train au Japon sans JR Pass. Nous avons choisi de ne pas le rendre car nous sommes restés longtemps sur place (six semaines, avec parfois une semaine entière au même endroit) et parce que nous avons effectué beaucoup de petits trajets, pour lesquels le JR Pass apportait peu de réduction, voire ne s’appliquait pas.
Ce retour d’expérience concerne deux adultes et deux enfants de 8 et 11 ans. Jusqu’à 12 ans, le tarif enfant s’appliquait systématiquement.
Nous avons pris 25 trains pendant nos 6 semaines de voyages au Japon en novembre 2025
Nous n’avons pas voyagé en première classe. Pour information, elle s’appelle la Green Car au Japon.
Quelques bases à connaître
Chaque ligne de train (ou de métro) a un nom, par exemple Tōboku Line.
Il faut toujours valider son titre de transport (ou sa carte) avant d’accéder aux quais et en sortant à l’arrivée. Cela se fait via des portiques, impossibles à éviter de toute façon. Détail amusant : lorsqu’un titre au tarif enfant est validé, un petit bruit aigu type « cui-cui » se fait entendre.
Certains portiques sont en double sens : il suffit simplement de ne pas foncer dans la personne qui arrive en face.
Il n’existe pas de titre collectif : chaque voyageur doit avoir son propre titre de transport.
Les trains locaux
Les trains locaux ressemblent beaucoup à des RER parisiens. Il n’y a pas de places réservées. Sur une même ligne, certains trains s’arrêtent à certaines stations et pas à d’autres (Google Maps est votre meilleur allié). Autre particularité : un train peut changer de nom de ligne en entrant ou en sortant d’une ville.

Comment payer ?
Deux options sont possibles.
1. La IC Card
Il s’agit d’une carte sans contact, à acheter au préalable en version physique. Nous n’avons pas utilisé la version smartphone, notamment parce que nos enfants n’ont pas de téléphone, même si un mix adultes sur téléphone et enfants en carte physique est possible.
À notre arrivée au Japon, le premier point de vente ne proposait pas de cartes enfant, ce qui est pourtant essentiel pour bénéficier du tarif réduit (environ la moitié du prix adulte). Nous n’avons pas chercher à nous les procurer, tant pis pour le budget.
Les cartes se rechargent facilement via des bornes en gare, mais uniquement en espèces. À quatre, si vous les utilisez souvent, mieux vaut donc prévoir régulièrement des billets.
Une fois la carte chargée, il suffit de la poser sur la zone sans contact des portiques à l’entrée et à la sortie.
Les cartes portent des noms différents selon les régions (Suica, Pasmo, etc.), mais elles sont compatibles entre elles. En revanche, pour récupérer la caution, il faut se trouver dans la région où la carte a été émise. Problème quand on parcourt le Japon avec une ville d’arrivée différente de celle du retour. Assurez vous de ne pas trop remplir les cartes avant le départ pour pouvoir les vider au maximum !

2. Le ticket papier
Il est aussi possible d’acheter un ticket aux bornes de la gare de départ. Elles sont généralement situées sous une grande carte indiquant les lignes, les arrêts et le tarif correspondant à chaque station.
Il faut repérer le prix correspondant à sa destination, choisir le nombre d’adultes et d’enfants (l’interface varie selon les bornes), puis payer, le plus souvent en espèces. Nous avons payé une fois par carte bancaire à Hiroshima, mais il vaut mieux partir du principe que le paiement se fait en liquide.

Vous obtenez alors un petit ticket indiquant le prix. Les tickets enfant ont un symbole spécifique en haut à droite :

Il n’y a plus qu’à glisser le ticket dans le portique avant les quais (attention, certains portiques n’acceptent pas les tickets papier, il faut regarder à côté). Le ticket ressort composté. À l’arrivée, on insère à nouveau le ticket, qui est cette fois conservé par la machine.
En cas d’erreur de tarif, des bornes de fare adjustment sont disponibles en sortie.
Les trains Express (JR) et le Shinkansen
Dans les grandes gares, il existe généralement une zone dédiée au Shinkansen et une autre pour les trains JR ou locaux facilement reconnaissable avec des panneaux ou des inscriptions au sol. Des agents sont présents et disponibles pour vous aider à tous les portiques. La plupart vous diront qu’ils ne parlent pas anglais mais finalement assez pour vous aider sans traducteur.
Pour les trains JR et les Shinkansen, il faut comprendre que le prix est composé de deux parties :
- le fare ticket (ou basic fare), qui correspond au coût du trajet entre deux gares. Il n’est pas associé à un train précis ni à une place réservée. Avec ce ticket seul, on peut emprunter des trains locaux disposant de voitures sans réservation ;
- une surcharge pour les trains Express ou Shinkansen, avec ou sans réservation de place.
Nous avons souvent réservé des places afin d’être tous les quatre ensemble, d’être sûrs d’avoir des sièges, ou de choisir le bon côté du train pour la vue.
Vous pouvez réserver en ligne ou sur place, aux bornes ou au guichet. Sauf exception, une réservation en ligne nécessite ensuite de récupérer les tickets papier en gare, généralement en insérant la carte bancaire utilisée lors de l’achat (si vous en avez plusieurs, retenez ou notez laquelle !) et parfois un code choisi au moment de la réservation.
Pour un trajet à quatre avec correspondance, on peut très vite se retrouver avec une pile impressionnante de tickets, parfois jusqu’à seize !
À l’entrée du premier train, chaque passager doit insérer ses deux tickets. Lors d’une correspondance, certains portiques font à la fois sortie du premier train et entrée du second. Dans ce cas, il faut insérer les quatre tickets correspondants et en récupérer deux. Vous suivez ?
Le cas (un peu) complexe
Si, comme nous, vous payez le métro de Tokyo avec une carte IC et que vous avez réservé un Tokyo–Osaka en Shinkansen avec un QR code (exception au ticket papier), attention au portique.
Il faut d’abord scanner le QR code (entrée du Shinkansen), puis valider la carte IC (sortie du métro ou du train local). Si, comme nous, vos enfants ont une carte IC au tarif adulte mais un billet de train longue distance au tarif enfant, le plus simple est de passer par un agent : il imprimera un ticket spécial pour permettre le passage.
Les compagnies ferroviaires
Oubliez la SNCF : au Japon, il existe de nombreuses compagnies de train.
- Les grandes compagnies Japan Railways (JR) : JR East, JR West, JR Central, etc.
- Des compagnies locales plus petites, comme par exemple Kotoden, qui exploite une seule ligne sur l’île de Shikoku. Pour ces dernières, la réservation en ligne est souvent inexistante. Rendez-vous en gare pour acheter les tickets papier aux bornes comme vu plus haut.
Détails qui nous ont marqués
- Les agents saluent en entrant et en sortant des voitures.
- Il y a des toilettes, y compris des pissotières, dans les Shinkansen.
- Dans les grandes gares Shinkansen, on trouve facilement des bentos, parfaits pour manger dans le train : bons, rapides à acheter et très pratiques.
- Les trains sont larges et confortable.
- On a pris un train où on peut faire pivoter les sièges sur eux même pour être face à face pour discuter.
- Et d’ailleurs, dans certains trains tous les sièges se tournent au terminus pour que les passagers se retrouvent dans le sens de la marche.
- Le silence est d’or, même si on a entendu des japonais papoter chaleureusement.
- Le premier train qu’on a pris à eu 10 minutes de retard ! Un scandale pour le Japon non ? Mais pour les 24 suivants… 0 retard ! On peut quand même parler d’un Perfect !

En conclusion
Enfin, sachez qu’au Japon vous verrez une grande diversité de trains ! Des petits, des colorés, des hybrides, des pendulaires, des luxueux… Il y a de tout, et on a bien aimé ça 🙂
Mais voyager en train au Japon reste malgré tout assez cher. Nous avons d’ailleurs croisé pas mal de voyageurs qui renonçaient à certains trajets en train simplement parce que le coût était trop élevé pour leur budget.








