J40 – Rencontre – Bolod, le guide

Bolod a 67 ans.

Je le rencontre sur la place principale de Oulan Bator, pendant notre deuxième jour en Mongolie, alors qu’il cherche des touristes pour proposer ses prestations de guide. Il me dit qu’il parle un peu français, italien, russe, anglais…

Son grand père était nomade, mais s’est cassé la jambe en tombant de son chameau. Depuis, la famille s’est sédentarisée, dans un village à l’est de la Mongolie.

Bolod a travaillé dans une usine alimentaire, jusqu’à l’éclatement de l’URSS où l’usine a fermé. En 1993 il a commencé ses prestations de Guest House et de guide.

Quand nous partons avec lui en août 2025 c’est son 696ème voyage ! Il se sent jeune et se voit continuer son activité longtemps.

Il est heureux de partir 20 jours avec des Français pour pratiquer la langue. Depuis des années, il note sur un carnet des phrases dans les différentes langues, qu’il relit et répète comme des mantras. Tous les jours il s’éloigne du campement avec son carnet pour cela. Il nous fait donc noter des phrases qu’il aime bien lors de nos discussions, comme par exemple :

– « En France, on peut boire 2 verres de vin et conduire »

– « Il pleut comme vache qui pisse »

Il pratique des exercices physiques de temps en temps ; dans les randos il fait quelques accélérations.

Pendant notre circuit, il mange surtout des nouilles instantanées, des salades de légumes en boîte, des gros biscuits secs. Et boit essentiellement du thé, qui est une façon d’avoir de l’eau potable à partir des jerricans remplis aux puits.

Lors de la préparation de chaque repas au campement il nous annonce quand « l’eau est bouillée ». On a du entendre cette phrase plus de 50 fois et on ne l’oubliera pas !

Il a déjà voyagé en dehors de la Mongolie, pour voir son frère aux USA par exemple, mais préfère parcourir son pays.

En musique française il connaît Édith Piaf de nom, mais ne savait pas qu’elle était morte !

Il prend des photos avec son téléphone, qu’il imprime ensuite pour ses albums de voyages (qui servent à préparer les suivants et à se souvenir), mais aussi pour en donner à des nomades lors d’un prochain voyage car ils ont peu l’occasion d’avoir une photo d’eux sur papier. Dans les montagnes du sud, il s’arrête ainsi pour donner à une femme une photo de son frère prise… 8 ans plus tôt ! Ça nous émeut.

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