Comment passer la frontière russe à Koidula

En juillet 2025, on a passé pour la première fois la frontière russe. La Russie est sous sanctions et le passage terrestre direct depuis l’Europe est plus compliqué.
Avant de partir, on trouvait des informations et témoignages sur le passage principal (Narva) parmi les 3 existants en Estonie.
Les voyageurs remontaient pas mal d’inconvénients : la frontière se traverse à pied, ce n’est pas le même bus côté estonien et côté russe, il y a souvent une longue file d’attente à l’extérieur et la frontière a des horaires restreints, des bus partent donc dans la nuit de Tallinn pour être dans les premiers à faire la queue…

J’ai cherché des témoignages sur d’autres passages de frontière, mais j’en ai trouvé très peu. Au mieux, deux ou trois personnes qui sont rentrées de Russie via Koidula.
Cependant, j’ai trouvé un bus intéressant qui partait de Tartu (la deuxième ville d’Estonie, on peut s’y rendre en train) vers Pskov (il existe ensuite un train vers Saint-Pétersbourg).

Le poste frontière de Koidula est juste au Nord de la ville russe de Pechory.

Voici notre retour.

Nous sommes arrivés depuis Vilnius (Lituanie) directement à Tartu (7h -> 15h avec un transfert, en restant sur le même quai, à la frontière estonienne) avec la compagnie de train lituanienne.
Nous sommes partis de la gare routière de Tartu à 9h50 avec la compagnie Baltic Shuttle.
Attention, ce bus arrive de Tallinn déjà pas mal rempli et on n’a pas trouvé 4 places côte à côte (avoir réservé en avance ne change rien).

A 11h30 on est déjà à Koidula.

Le passage de la frontière estonienne a été assez rapide :
* Une attente pour le scan des bagages, on nous demande au passage d’où on vient, et pourquoi on va en Russie (réaction de surprise quand on a dit « tourism »).
* Puis attente pour vérifier les passeports.

En bus on rejoint la frontière russe toute proche : chargement des bagages et passagers pour tout sortir 5mn plus tard, après un contrôle de température !
On commence à remplir un questionnaire pour la douane russe, avec des infos déjà saisies pour le e-visa, mais aussi ce qu’on pense de l’attitude des pays européens face au régime de Kiev… « No interest » pour notre part.
Le bus nous attend patiemment après la frontière.
Et pour nous, là, ça a été long !

  • Un premier temps pour vérifier les passeports et si on a bien rempli la fiche d’entrée et sortie du territoire. L’agent tamponne les passeports de nos filles et nous explique qu’elles peuvent passer seules dans la zone suivante (scan des bagages) ou « si on veut » elles peuvent aussi rester avec nous… Étrangement, on fait le choix de rester ensemble 😉
  • Puis un très long temps avant d’être interrogé, comme si l’agent n’était pas encore là
  • Puis l’entretien avec lui. On doit laisser les enfants (c’est plus rassurant si vous avez sympathisé avant avec d’autres passagers) pour aller tous les 2 dans un bureau. Ce moment est un peu étrange. Des questions en petit anglais auxquelles on a déjà répondues. On nous prend nos téléphones pour fouiller dedans. Un jeune sur un canapé s’occupe de nous chercher sur internet depuis son téléphone (du moins je suppose), via nos noms et via nos visages en nous prenant en photo.
  • Enfin, le scan et la fouille (superficielle) des bagages

En tout presque 5h à la frontière ! Dans le sens Estonie – Russie, c’est a priori classique. Ceux avec qui j’échange disent que c’est pareil à Narva mais moins confortable car on attend dehors.

Au final, si vous pouvez faire une nuit à Tartu, prendre ce bus via Koidula et passer une nuit à Pskov, on conseille !
Nous qui maximisons le train (plutôt que le bus), c’est aussi le meilleur trajet entre l’Europe de l’Est et St Petersbourg (train jusqu’à Tartu, puis environ 2h effectif de bus, et train Pskov – St Petersbourg).
Pour ceux qui veulent être à St Petersbourg le soir même c’est possible mais vous arriveriez tard (23h).


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