Rendez-vous sur l’application Polarsteps « Lesbottesentrain » (Matthieu)
Comment nous est venue l’idée de partir au Maroc ?
Depuis quelques années, Benjamin, un très bon ami, s’est expatrié à Casablanca. Depuis, il nous demandait régulièrement de venir le voir, mais comme nous ne prenions plus l’avion, la question se posait : comment venir ?
Après avoir regardé des vidéos de voyageurs en train, on s’est dit que c’était possible. C’est ainsi qu’est né notre projet de voyage au Maroc, à la sauce Les Bottes en Train.
Ce sera donc un voyage de 18 jours, en février/mars 2025, avec pour objectifs :
- Voyager sans avion et changer de continent par la mer.
- Profiter de l’Andalousie, puisque nous passerons par le sud de l’Espagne.
- Voir notre ami à Casablanca.
- Découvrir la nature marocaine (nous y étions déjà allés en 2010, mais nous avions surtout visité les grandes villes).
- Tester un trajet en bateau plus long (2 nuits) ainsi qu’une nuit dans un train.
Départ : Marmande -> Séville
Nous sommes partis un mercredi, faisant ainsi sauter deux jours d’école… On sait que ce n’est pas idéal, mais nous avions prévenu les maîtres et maîtresses des filles, qui ont été très compréhensifs et nous ont gentiment transmis les devoirs (merci à eux !).
En partant en milieu d’après-midi de chez nous pour être à Séville le lendemain soir, nous avons choisi de passer par Hendaye.
Nous avons donc fait Marmande – Hendaye, traversé la frontière espagnole à pied, dormi une nuit à Irun, puis nous sommes repartis tôt le lendemain pour prendre un train vers Madrid, puis un autre vers Séville.
C’était long, mais au final plutôt reposant : les trains étaient de très bonne qualité et confortables (les filles ont même pu regarder un film dans le train Madrid-Séville) !
Pour plus d’infos voir article dédié.

Séville
Nous sommes arrivés le soir, et même si nous étions fin février, il faisait bon. Nous avons marché une vingtaine de minutes pour rejoindre le petit appartement en centre-ville que nous avions loué pour trois nuits.
Juste à côté, nous avons repéré un bar à tapas avec des concerts, et malgré l’heure tardive… on y est allés ! Les filles étaient un peu perplexes au début, mais le fromage, la charcuterie et les jus de fruits ont vite fait de les convaincre !
L’Espagne, c’est chouette, et la sangria (pour les adultes 😉 ) était top.
Le lendemain, on s’est préparés pour une grosse journée de visites. Le planning était hyper chargé.
C’est dans nos habitudes de faire plein de choses dans la même journée, mais là… on a fini avec un sacré mal aux pieds le soir !
On a commencé par visiter la somptueuse Place d’Espagne, puis on a flâné dans le parc adjacent (très agréable). Après un déjeuner au restaurant, direction l’aquarium de Séville (ça faisait des mois que Chloé rêvait d’en visiter un !). Il n’est pas très bien noté sur Google, mais nous, on a vraiment aimé.
Ensuite, on est partis voir la cathédrale, où nous sommes restés un long moment.
Les audioguides étaient inclus dans le billet et très bien faits. Il y avait même des explications spécialement conçues pour les enfants, ce que Lucie et Chloé ont beaucoup apprécié.
Après tout ça, on n’en pouvait plus… mais Matthieu avait réservé pour aller voir les illuminations dans les jardins du château de l’Alcazar le soir.
Alors, on est rentrés manger un bout à l’appartement, puis on est repartis au château.
C’était magnifique, et on ne regrette absolument pas, Chloé finira sur le dos de Matthieu, complètement HS, et nous aussi !
Après un dodo bien méritée, la matinée a été plus cool pour les filles, qui sont restées à l’appart pendant que Matthieu est parti découvrir le Parasol (une construction monumentale en bois au dessus d’une place de Séville), l’architecture, c’est son truc !
Après un déjeuner tranquille à l’appartement, on est repartis visiter l’Alcazar de jour.
Les ressentis étaient mitigés : Matthieu a adoré, Coline et Chloé un peu moins. Lucie, elle, s’est éclatée à porter sa sœur ! Les jardins que nous avions vus de nuit étaient tout aussi beaux de jour.
En sortant, on est allés se balader près du fleuve Guadalquivir. On s’est arrêtés boire un verre en terrasse. Il faisait doux, c’était un vrai bonheur de profiter de l’extérieur à cette période de l’année.
Road Trip en Andalousie
Un départ de Séville où rien ne s’est passé comme prévu !
Le plan était pourtant simple : Matthieu va à la gare pour récupérer notre voiture de location, puis il vient nous chercher devant l’appart’.
Mais comme c’était trop facile, ce matin-là, il y avait le Marathon de Séville ! Le centre-ville était complètement bloqué. Matthieu a donc fait un aller-retour pour rien, et nous voilà tous les quatre, sacs sur le dos, direction la voiture qui était restée chez le loueur…
Mais en fait, c’était assez génial de voir les coureurs. On a même dû croiser des marathoniens stars ! C’est impressionnant de voir une foule immense courir, et encore plus de devoir la traverser !
Enfin, on arrive à la voiture, et c’est parti pour un road trip de 3 jours en Andalousie.
Jour 1 : Rio Tinto
À une heure de route à l’ouest de Séville se trouve un parc minier où l’on peut faire des balades pour découvrir le site. Il y a un musée, une visite guidée, un train pour visiter l’ancienne mine… Nous, on a surtout profité du lieu, avec ses eaux rouges et son paysage marsien, et on a fait une randonnée de 2 heures autour de la mine, près du musée.
C’est une randonnée facile avec les enfants, bien que nous recommandions fortement de partir avec de l’eau, un couvre-chef et de la crème solaire en été, car il n’y a pas d’ombre. Nous y étions fin février, et c’était parfait, mais attention dès qu’il fait plus chaud !
Demi-tour, nous partons en fin de journée pour El Coronil, à l’est de Séville, où nous passerons la nuit.
Jour 2 : Villages de montagne de la province de Malaga
C’est reparti pour une journée de visite. Nous partons en direction de Zahara de la Sierra, un village blanc typique de la région. Ca grimpe ! Mais une fois arrivés en haut, la récompense est là : le château offre une vue panoramique à 360° sur la vallée, le lac et les montagnes environnantes. Le mal aux jambes disparaît instantanément devant cette vue imprenable.
On part ensuite en direction de Ronda, une ville coupée en deux par El Tajo, une gorge profonde enjambée par le Pont Neuf, pont de pierre impressionnant de 98 mètres de hauteur.
Puis nous nous sommes promenés dans les rues pittoresques, avons goûté à quelques spécialités espagnoles (queue de taureau, perdrix…) et visité un musée : le Musée Lara. C’est une collection privée étonnante, rassemblant toutes sortes d’objets : armes, horloges, instruments scientifiques anciens, et même des objets liés à la sorcellerie…
Nous nous sommes beaucoup amusés à découvrir toutes ces curiosités. Petits et grands y trouveront forcément leur bonheur dans ce musée unique en son genre !
Jour 3 : El Torcal de Antequera
Après avoir passé la nuit à Antequera, nous partons tôt pour faire une randonnée sur El Torcal. Nous avions lu qu’il fallait arriver avant 10h car le parking est petit et vite complet.
Nous arrivons donc vers 9h30 : il n’y a presque personne, on est ravis !
Par contre, même s’il fait beau, le vent souffle fort et il fait très froid ! On n’était pas du tout prêts… Heureusement, nous avons tous nos sacs dans la voiture et nous nous équipons sur le parking.
Prévoyez donc une tenue bien chaude si vous venez en hiver, comme nous !
Nous marchons tranquillement pendant trois heures sur le chemin « orange », qui est facile. Les enfants s’éclatent à grimper sur les rochers : le lieu se prête à toutes sortes de jeux d’aventure. Nous ne les entendrons pas se plaindre une seule fois !
À la fin de la balade, de retour sur le parking, on comprend mieux pourquoi il fallait venir tôt… Il y a un monde fou !
On est encore plus contents d’avoir pu profiter du calme pour se promener.
Petit regret : nous n’avons pas vu les bouquetins… Peut-être aurez-vous plus de chance si vous y allez (on vous le souhaite !).
Maroc nous voilà !
Le road trip andalou touche à sa fin.
Nous passons la nuit à Algésiras, où nous rendrons la voiture le lendemain matin. Nous avons trouvé un hôtel pas cher mais hyper luxueux, juste en face de la gare routière.
Nous partons ensuite pour prendre le bateau à Tarifa, direction Tanger Ville (et non Tanger Med, pour éviter le transfert vers la gare, car c’est beaucoup plus loin — voir article dédié).
Une heure de bateau pour traverser la Méditerranée… pour changer de continent.
C’est une grande première pour nous, et c’est très émouvant…
(Chloé et Coline, elles, auront surtout été malades pendant la traversée — pensez à prévoir des cachets contre le mal de mer, type Nausicalm !)
À l’arrivée, nous sautons dans un taxi (un vrai fou du volant 😅) pour 5 minutes de course, puis nous embarquons à bord du TGV marocain direction Casablanca.

Casablanca et alentour
Nous voilà enfin chez Benjamin !
Il habite à Dar Bouazza, un quartier au sud de Casablanca, tout près de la mer.
On profite de ces retrouvailles : il nous fait découvrir les environs, avec balade le long d’une lagune, visite d’un village abandonné en train de s’écrouler sous l’effet de l’érosion et de l’océan, son spot de surf…
On prend aussi le temps de se poser dans son jardin. C’est calme, reposant, et ça nous fait un bien fou après cette première semaine bien remplie.
Cascade d’Ouzoud
Après deux jours passés avec Benjamin, on reprend notre périple.
On loue une voiture à l’aéroport de Casablanca et on part en direction de la cascade d’Ouzoud.
On arrive assez tard, mais Matthieu a du courage et part voir la cascade pendant que les filles restent bien au chaud dans la chambre d’hôtel (on est plus en altitude, il fait nettement plus froid qu’à Casablanca !).
Le lendemain matin, on y retourne tous ensemble. Surprise : la cascade a complètement changé depuis la veille !
Il a plu toute la nuit (et pas qu’un peu) : l’eau est passée du blanc au marron, et le débit a au moins triplé.
On s’amuse beaucoup de l’aspect très « Charlie et la chocolaterie » de l’endroit — on se croirait devant une cascade de chocolat chaud !
On fait la balade qui fait tout le tour du site, mais… on l’a faite à l’envers : on est d’abord passés par les boutiques, puis on est remontés par la forêt.
Le flot de touristes arrivant en bus depuis Marrakech fait normalement le chemin dans l’autre sens. Finalement, venir tôt et être à contre-courant, c’était une très bonne idée !


Aît Bouguemez
Nous avons décidé d’aller passer quelques jours dans le Moyen Atlas pour profiter de la nature.
Notre choix s’est porté sur Aït Bouguemez, une vallée magnifique perchée à 1800 mètres d’altitude, entourée de montagnes de chaque côté.
Début mars, c’est encore bien enneigé. D’ailleurs, la route pour y accéder était assez difficile : il avait neigé quelques heures avant notre passage, et même si la route avait été dégagée, sa qualité et son étroitesse rendaient la conduite franchement stressante !
Mais en roulant tranquillement à une moyenne de 30 km/h, nous avons fini par arriver à destination.
Nous avons passé trois nuits chez Brahim, dans une jolie maison d’hôtes où nous avons été très bien accueillis.
Pendant ces trois jours, nous avons fait des randonnées aux alentours.
Nous avons vu des empreintes de dinosaures, grimpé jusqu’à d’anciens greniers perchés au sommet des collines, rencontré d’autres voyageurs (notamment Antoine et Emma, avec qui nous avons eu de supers échanges) et les filles ont même fait un bonhomme de neige !
C’était si beau, si calme.
Une vraie parenthèse nature, dans un Maroc que nous ne connaissions pas encore, et qui nous a vraiment conquis.
On repasse par Casablanca, et retour à la maison : Nador, Barcelone, Gironde
Dans le plan de départ, nous devions rendre la voiture dans l’après-midi à l’aéroport de Casablanca, puis prendre dans la foulée un train de nuit (sans couchette) Casablanca–Nador.
Cela nous permettait d’économiser deux nuits : une à Casablanca et une à Nador.
Mais avec le ramadan, les horaires ont changé (nous avons reçu les nouveaux horaires seulement quelques jours avant).
Nous avons donc dormi à Casablanca chez Benjamin (et finalement, nous étions très contents de le revoir une dernière fois avant de partir), puis nous avons pris le train le lendemain matin pour toute la journée jusqu’à Nador. Nous avons passé la nuit sur place, puis embarqué pour le bateau le lendemain.
Normalement, c’était parti pour deux jours de bateau, direction Sète. C’était la première fois que nous allions passer autant de temps à bord d’un ferry, et ça nous plaisait bien.
Mais comme souvent, les choses ne se passent pas tout à fait comme prévu…
Une tempête — qui a même eu droit à son petit nom, Jana — a décidé que non, nous n’allions pas faire ce trajet.
Nous avons donc passé une nuit sur le bateau, et au matin, on apprend que le ferry doit s’arrêter à Barcelone pendant quelques heures, en attendant que la mer se calme (creux de 5 mètres au port de Sète !).
On nous a donc proposé deux options :
Option 1 : Rester sur le bateau et attendre de repartir après la tempête.
Conséquence : devoir changer nos billets de train Sète–Marmande, arriver avec un jour de retard, et faire louper la rentrée scolaire aux filles.
Option 2 : Débarquer à Barcelone. Conséquence : dormir une nuit à Barcelone, prendre un train Barcelone–Marmande le lendemain matin, arriver dimanche après-midi comme prévu.
Nous avons choisi l’option 2. On débarque donc à Barcelone, après avoir trouvé en un temps record un logement et des billets de train !
Et puisque nous sommes à Barcelone… pourquoi ne pas en profiter ?
Il est 16h, on part manger une glace, visiter le musée Picasso, et finir la journée dans un super resto catalan !
Le dimanche matin, après une nuit courte (et bruyante, Barcelone ne dort jamais), on part tôt pour la gare Barcelona Sants, où on prend le TGV jusqu’à Narbonne. On connaît bien ce trajet, et on adore toujours autant la vue sur les lagunes et leurs flamants roses.
Un dernier changement de train, et le voyage touche à sa fin.
On arrive à Marmande, quelques minutes de route, et nous voilà chez nous, heureux de tout ce chemin parcouru, de toutes ces découvertes…
Dehors, c’est la tempête, les éclairs zèbrent le ciel, mais à l’intérieur, les filles retrouvent leurs chambres, leurs peluches… et nous, notre lit adoré.





















































