A Datong, notre hôtel est en fait un petit bureau d’accueil dans un magasin, qui propose plusieurs services aux touristes (tours organisés, chauffeurs…) et des chambres aménagées dans des appartements de l’immeuble (avec un code pour déverrouiller la porte).
Un peu plus dur à trouver quand tout est écrit en chinois, mais on y arrive !
C’est par leur service qu’on rencontre Liu, chauffeur de taxi. Il nous conduit au temple suspendu Xuankongsi.
Dès le départ, il engage la conversation, via des messages qu’il dicte au traducteur de son téléphone.
Il veut parler de la France et de la Chine. Il évoque les manifestations françaises, notamment celles des agriculteurs ou pour les retraites. Il nous dit qu’ici ce serait impensable, qu’en manifestant on serait classé « psychopathe » et qu’on risquerait d’être envoyé à l’hôpital ! Il aimerait pourtant que les Chinois prennent exemple sur nous pour revendiquer des choses. Mais à la question de savoir si la population veut du changement, il répond non.
Il pose des questions sur notre système de santé et scolaire, pour vérifier si vraiment on est soigné gratuitement, et si on peut faire des études supérieures à peu de frais. Il évoque un rythme de travail énorme dès 8 ans ici, qui est aussi l’âge auquel on commence l’anglais. Si j’ai bien compris, il indique que les parents payent un complément privé en plus de l’école, c’est sans doute le total qui fait beaucoup de temps. Ici les parents se préoccupent beaucoup du développement scolaire et culturel de leur enfant, mais pas du sport. Quand à la santé, on est couvert selon son métier et l’entreprise dans laquelle on est.
Il parle du chômage à Datong ; a priori la principale industrie est celle du charbon, que la région essaie de vendre à l’extérieur. Il y a bien sûr un enjeu sur la pollution ici.
Il nous répond « nine » quand on lui demande s’il a des enfants… mais c’était l’âge de son garçon !
Il voit les français comme courageux, libre et amoureux de la vie.
Il parle longuement des faux produits de marque qui pullulent sur internet, notamment pour le luxe français (Hermès, etc.).
On parle de la différence de niveau de vie. Il nous demande si les français voient les chinois comme retardés. Clairement, au niveau de l’utilisation des technologies par exemple, pas du tout ! Mais on a pas le temps d’aborder la question de la quête de sens plutôt que la quête d’une modernité à tout prix.
Au final, nous sommes surpris de sa relative liberté de parole pour parler de l’impossibilité de se « rebeller » ici. Il ne va pas trop loin pour autant, mais on ne s’attendait pas à ce qu’il en parle comme ça. Ça me fait penser au sujet des VPN : l’installation est interdite (mais totalement tolérée pour les étrangers) pour ne pas passer à travers le filtre internet gouvernemental. Mais plusieurs chinois croisés en utilisent sans se cacher (par exemple pour aller sur notre compte Instagram), et peuvent indiquer à des touristes comment en installer… On ne sent pas d’auto-censure ou de menace réelle sur ce sujet.
Il nous confirme qu’il y a peu de touriste européens ici, et demandera une photo avec nous à la fin.




Une réponse
Bonjour à tous les 4 !
Nous écrivons depuis la classe de CM2. On fait un petit coucou à Lucie et Chloé.
Merci pour les photos de vos découvertes.
Comment allez -vous ?
Quelle est la sensation de ne pas voir ses camarades de classe et ses amis ?
Quel est le décalage horaire avec la Chine?
Quelle est la prochaine étape et le prochain pays ?
Où et comment dormez-vous ?
Merci pour tout à très bientôt!