Cher Journal,
À la gare d’Aktau, je demande à un agent si notre train est arrivé. C’est le départ de la ligne et oui, on peut déjà entrer dedans.
Après notre dernier passage en train de nuit entre l’Ouzbékistan et le Kazakhstan où nous avions eu très chaud, on redoutait de retrouver le même type de train pas assez climatisé, et pour 2 nuits cette fois.
Mais en entrant dans notre cabine pour 4, toute la famille a le sourire : c’est une rame plus moderne, similaire au transsibérien, avec des sièges/lits confortables et une température qui sera donc agréable !
Ce clin d’œil au transsibérien le jour de nos un an de voyage me ravit ! On est tous les 4 très heureux d’être dans ce train pour 45h de trajet. On se chante même un joyeux anniversaire de voyage et on souffle symboliquement une bougie 🙂
Une partie de 13 s’impose bien sûr, et c’est Coline qui gagne le duel final face à Chloé.
L’après-midi passe rapidement, entre repos, polarsteps et boissons chaudes. Pour éviter d’apporter trop d’eau potable, on profite du samovar en buvant du thé (on a une belle collection de thé de différents pays traversés, récupérés dans les chambres d’hôtel) et de l’eau chaude au citron (fraîchement coupé en rondelles, idéal si le thé de fin de journée a tendance à écourter vos nuits !).
Après le dîner, on regarde ensemble le film « La marche de l’empereur », sans doute pour nous rafraîchir encore un peu devant les paysages d’Antartique. Pour donner naissance et s’occuper des premières semaines de leur bébé, les manchots empereurs effectuent en 9 mois 4 voyages longs, fatiguants, avec un relai entre père et mère très touchant et exigeant.
Et nous ? Où en sommes-nous en tant que parents en voyage ? Sur un voyage au long cours, la fatigue et la proximité H24 en famille sont des potentiels pièges. On lit le témoignage de familles qui commencent à être à bout.
De notre côté la famille va bien.
Pas plus ni moins de complications quotidiennes qu’à la maison 🙂 il faut juste adapter les réponses à ce qu’on peut faire en voyage. Mais on arrive par exemple à trouver des moments de respiration perso, par la musique, le dessin, les visites en solo, les étirements, le footing, le judo, ou tout un tas d’activités sur écran.
On laisse désormais facilement les filles dans notre logement, avec un téléphone, ce qui permet des sorties en couples, même si c’est le plus souvent..
des courses ! On peut aussi avoir un logement avec 2 chambres, ou un espace extérieur ou commun qui permet de s’y retrouver une fois les filles couchées. Au pire on a déjà passé un moment dans le couloir d’un hôtel ou en chattant !
Les filles sont moins à réclamer de dormir dans des lits séparés qu’au début. Elle ont de nouvelles conversations possibles autour de lectures qu’elles partagent, même si l’humeur peut toujours vite basculer.
On commence tous à penser à ce qu’on fera au retour. Chloé est bien sûr très précise, elle a un planning hebdo et des listes de choses à faire. Lucie s’en tient à quelques envies et quelques questions.
Coline et moi écrivons ce qu’on souhaite bricoler dans la maison ou les grandes lignes de notre futur quotidien.
Avant de partir, j’avais noté des activités que j’espérais faire en voyage. J’ai réalisé certaines et pas d’autres, et il en sera dans doute de même pour notre vie projetée du retour.
On rentre à la maison sans tristesse ni empressement. Hier le Kazakhstan, demain soir la Géorgie : le chemin du retour est encore le voyage !



