Cher Journal,
Entre la homestay à payer en liquide, les repas, le futur bus et autres projets des 3 jours à venir, le manque de gros billets se fait sentir. Surtout le bleu, avec écrit « 500.000 » dessus (*). Il m’en faudrait 22.
Sur l’île de Cu Lao Gieng il n’y a pas de distributeurs. Je pars donc en expédition à vélo. Ce n’est pas à côté mais je sais que la balade sera belle.
Je mets une heure à atteindre l’unique pont, moins romantique que le bac mais plus simple pour traverser. Il y a quand même un péage. Je vois un scooter payer 5000 et la dame lever un seul doigt pour moi, je paye 1000.
Après ma récolte fructueuse de billets, je repars.
Il fait chaud et je fais une pause devant un bras secondaire du Mékong. Au moment de payer mon thé froid, la dame lève un seul doigt. Cette fois, je sors un billet de 10.000 : 3 semaines qu’on est au Vietnam, on a quelques ordres de grandeur des prix. Dans ce cas, c’est un peu plus de 0,30 euros.
Je ne veux pas perdre une miette de mon parcours sur cette île. Il faudrait m’arrêter tous les 20m si je voulais un reportage photo exhaustif de ce que j’aime découvrir ou regarder.
En voici quelques uns sans aucun ordre d’importance :
• des hommes pèsent des caisses remplies de mangues, déchargées d’une camionette
• une femme tresse un panier (ou grand sac) avec des lanières en plastique bleues et vertes (avant le plastique, ça se faisait avec des feuilles séchées d’une plante qui flotte sur la rivière)
• dans une maison, beaucoup de monde dont des personnes en habits blancs, probablement des funérailles
• dans les épiceries, je trouve des chips, mais quasi uniquement goût crevettes, boeuf ou sushis.
• des grands coqs tournent en rond dans des cages semi sphériques
• des ados à capuches me doublent, alors qu’en tee shirt j’ai déjà si chaud
• de nombreux sacs en plastique blancs (ceux qui envelopaient des mangues dans les arbres) sont étalés sur une terrasse
• des coques de noix de coco sèchent, près de fagots de petit bois
• les différents vendeurs ambulants font avancer leur cargaison soit à pied, soit en pédalant, soit en scooter
• les hauts parleurs diffusent des messages officiels, mais personne ne semble les écouter
Ça y est, je suis de retour à la « Happy HomeStay » !
J’ai concience de mon nouveau statut de multi millionnaire (de Dong), mais je compte rester un homme simple et accessible.
(*) Oui, je sais, ce billet fait environ 16 €


