Cher Journal,
Aujourd’hui, réveil 7h à Georgetown, taxi à 7h30, bus à 8h, frontière à 10h, et arrivé à 11h30 à Hat Yai. Parfait !
Mais ensuite notre train (le 172 express) est annoncé avec un retard de plus en plus grand au fur et à mesure que le temps passe…
Au moment où il arrive on comprend mieux pourquoi : il est bondé. Genre on a poussé bien fort le surbooking : des gens debout partout, dans les allées, entre les wagons…
J’avais acheté les dernières places de ce train, en 3ème classe dite « ventilateurs », car sans clim.
Et heureusement qu’on a une place numérotée, ça nous permet d’être assis pendant les 4h30 prévues du trajet !
Les filles sont côte à côte, mais Coline et moi sommes éparpillés dans le wagon.
L’entrée dans ce wagon était impressionnante : des voyageurs et des sacs partout, des retardataires qui descendent alors que c’est déjà compliqué d’entrer, des vendeurs qui se disent que c’est une bonne idée de traverser tout le wagon maintenant, un agent qui m’interpelle par la fenêtre pour vérifier mon ticket et me pousser à avancer jusqu’à ma place… Lucie annonce que ça nous fera des souvenirs, elle a raison !
Cependant, personne ne s’énerve, personne ne soupire, alors autant être paisible également.
J’attends sans impatience aucune le moment où une fille va avoir faim ou envie de faire pipi et où il faudra traverser tout ou partie de la rame 🙂
Finalement ça amuse Chloé d’aller rejoindre Coline pour l’eau et la nourriture, enjamber, se faufiler, multiplier les « sorry »…
Et à défaut d’aller faire pipi, transpirer suffira pour cette fois.
Les paysages sont connus mais toujours agréables. Rizières, reliefs, palmiers. Vaches, veaux, oiseaux.
Les vendeurs passent.
Celui pour les boissons avec son seau glacé. Paiement en espèces ou par QR code avec son téléphone.
La vendeuse de riz frit dans son petit plateau en plastique. Le voyageur en face en prend un, jette l’élastique par la fenêtre, puis le contenant de la sauce une fois vidée.
Ma voisine à gauche en prend aussi, elle mange avec un gant transparent jetable.
La vendeuse de noodle avec son thermo d’eau chaude.
La vendeuse de snacks. J’ai du mal à les identifier. Des noix de cajou sur des feuilles avec une sauce collante ? Des rouleaux d’algues séchées, mais avec quoi dedans ? Ha, des morceaux de mangues acide (pickles) à tremper dans du sucre pimenté, ça je connais.
Mais le vendeur le plus impressionnant arrive avec une soupière en inox sur roulettes ! C’est une sorte de soupe grasse avec viande et œuf… Gros succès.
Mon voisin de droite demande une bouteille d’eau à une connaissance et sort sa tête par la fenêtre… pour les ablutions !
C’est la nuit.
Seuls les passages en ville sont éclairés. Tiens, un grand Bouddha couché aussi.
Ha, une libellule entre dans la rame, elle est un peu perdue la pauvre.
On passe une toute petite gare. Dans son bureau, le chef de gare dispose d’une dizaine de leviers… pour les changements de voies j’imagine. En mode manuel.
Derrière la gare, un night market illuminé.
21h passées. Autour de moi, on cherche à dormir, avec succès. Au sol dans l’allée (même s’il faut se réveiller et se lever quand les gens passent), ou la tête contre n’importe quel appui. La température n’a pas descendue, mais comme on roule fenêtres grandes ouvertes ça aère bien.
Les filles écoutent de la musique, puis se taquinent, puis Lucie lie par dessus l’épaule de Chloé, puis lui lit l’histoire à voir haute… 4h30 de train. Aucune plainte. Elles sourient. Je crois qu’on pourrait partir à l’aventure au bout du monde avec elles.
Ça tombe bien.

J239 – Au loin les bombes
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