A Kunming, nous rencontrons L. dans la rue. Elle est en pleine activité sportive, mais elle nous repère (ce n’est pas difficile ici !), et vient vers nous avec un « nice to meet you », pour discuter.
Elle a une cinquantaine d’années et parle bien anglais. La discussion s’engage rapidement sur des sujets variés.
Elle parle du système éducatif chinois, inspiré du modèle coréen et japonais, totalement accès sur la performance, le travail intensif, le concours sélectif pour les meilleures écoles.
La moitié de son salaire passe dans les cours privés pour sa fille de 14 ans !
Elle dit que certaines choses vont dans le bon sens comme le vendredi soir sans devoir (plutôt que 4 à 5h de travail !). Elle dit que changer un pays aussi peuplé c’est compliqué et que le dirigeant fait des choses bien, mais sans bouleverser.
Elle est allé récemment à un colloque sur l’éducation, avec des pontes qui parlaient de développer l’apprentissage en autonomie, avec une vision assez différente du système actuel.
Elle même se dit que la vie ce n’est pas la performance dans un travail, c’est du sens, des désirs simples, de la nature.
Elle ne peut pas changer le système ni même les membres de sa famille, mais elle peut faire des choix différents, comme être végétarienne. Et inviter sa fille à diminuer sa quantité de viande.
On parle des religions et de sa rencontre avec la bouddhisme, très émouvante. Mais elle nous demande de ne pas en parler, car son métier l’oblige à être membre du parti communiste, et si on apprend qu’elle est bouddhiste elle pourrait en perdre son travail.
Dans le doute, je n’indique ni son nom ni son métier.
Elle évoque l’assurance santé complète qu’on a en France, alors qu’ici elle ne couvre que les petits soins, il faut payer ensuite. Elle trouve compréhensible que le gouvernement n’en fasse pas plus car il y aurait trop de monde à couvrir.
Ses parents sont déjà allés en France, et aimeraient qu’elle et sa fille y aillent un jour.
Au moment de partir et de la remercier, Coline lui apprend la bise à la française, qu’elle pratique aussitôt avec nous 4.
Elle nous dit qu’elle est heureuse de nous avoir rencontrés, car l’image des français qu’on lui avait transmise est qu’on est fiers voire autains et qu’il est difficile du coup de sympathiser.
Merci L. pour ta gentillesse, nos échanges, ta disponibilité, ta générosité (glaces, café, repas du midi, on a été gâtés !).
Tu seras la bienvenue chez nous, même si tu visiteras plus probablement Paris que le sud Gironde en venant en France 🙂

J239 – Au loin les bombes
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Cher Journal, Dans le train vers Kuala Lumpur, je cherche un wagon restaurant. Je trouve un comptoir pour acheter quelques plats à réchauffer au micro

