Passage de frontière Chine – Vietnam

Départ de Nanning

Nous partons à 18h05 dans un train couchette très propre et confortable.
Nous avons pris une cabine à 4, ayant préféré le softsleep plutôt que le hardsleep, étant donné la courte et difficile nuit que nous pensions passer ici et nous n’avons pas été déçus !
Arrivée prévue : 5h30.

Le train part parfaitement à l’heure. Nous nous installons et chacun lit ou se repose avant le repas que nous prendrons à 20h, avec comme d’habitude des nouilles instantanées.
Perso, je n’en mange plus. J’ai dû faire une overdose et ça ne passe plus. Heureusement, nous avons des fruits, des chips… ça fera l’affaire.

Passage de la frontière côté chinois

Le passage de frontière est prévu à partir de 22h, et c’est le cas, sans retard non plus.
D’abord la sortie du territoire côté chinois.

Nous sortons du train avec les bagages. Il n’y a pas grand monde, alors ça va assez vite. Au guichet, nous passons un par un… je n’aime pas trop quand ils ne nous laissent pas avec les filles. Elles sont capables de passer seules, car on ne leur pose pas de questions, mais c’est toujours un moment stressant que j’aimerais leur éviter.
Bon, tout se passe toujours bien (pour le moment), mais bon… j’aime pas, je suis comme ça.

On passe les bagages au scan et je suis désignée pour une fouille de sac… comme d’hab, c’est moi.
Mais comme je n’ai rien à cacher, ce n’est qu’une formalité et pour le coup, là, je ne stresse pas du tout.

Ils me demandent si j’ai du métal… pas vraiment, non…
Je sors donc minutieusement toutes mes affaires : la flûte, qu’ils regardent bizarrement ; la poche de médicaments, qu’ils scrutent, et où j’explique leurs usages en mimant parfaitement la diarrhée (mal au ventre) et le vomi (des années de Time’s Up, ça aide !)…
Et finalement, c’est notre collection de badges qui a affolé leur détecteur ! Ils comprennent vite que ce sont des souvenirs pour les enfants et sourient.

Puis ils se tournent vers Matthieu en pointant son sac et disent :  » Book, book ! « 

Nous avions récupéré un livre dans une auberge au Japon : Oliver Twist en français, version enfant, que j’ai pris parce qu’on voulait le faire étudier à Lucie (heureux hasard de tomber pile dessus).
Ils le feuillettent, demandent si c’est en français, nous répondons oui, et ils nous font signe qu’ils ne comprendront donc pas… Pas bêtes !
Tout est en ordre, on repart dans le train sans souci.

Entrée au Vietnam

Le train roule environ une demi-heure avant d’atteindre la ville frontière vietnamienne.
Et ici, c’est un tout autre univers. Pas de doute : nous changeons de pays / régime.

Un guichet. Une personne. Pas d’espace vraiment dédié à la queue. Pas de technologie pour scanner notre température… bien que nous soyons dans les premiers, c’est loooooong !

La formalité du tampon est expéditive : En décembre 2025, pour les ressortissants Français c’est 45 jours sans Visa. L’agent ne nous pose pas de questions, nous regarde à peine, et surtout ne nous demande pas de billet de sortie. Nous avions lu ici ou là la nécessité d’avoir un billet prouvant notre sortie du territoire Vietnamien… pas besoin ! Ne vous inquiétez donc pas de rentrer au Vietnam par la terre, c’est facile !

Une fois le sésame obtenu (sans aucune question posée), nous suivons les flèches jusqu’à la sortie pour arriver dans une pièce avec une machine qui scanne les bagages, mais sans personne à côté…
Nous faisons les wouhou de circonstance, mais rien, personne.
Un peu circonspects, on attend… puis le suivant dans la queue arrive, passe son bagage dans la machine, et quitte la gare pour remonter dans le train. Nous faisons de même…

Si vous ne savez pas quoi faire, faire comme les autres aide souvent !

Une nuit (très) courte

Nous retournons dans le train. Il est 1h30… mais en fait il est 00h30, car le Vietnam est GMT+7 contrairement à la Chine GMT+8, ce que nous n’avions pas anticipé !

On se presse de dormir, car la nuit va être très courte. Les filles rechignent en affirmant qu’elles ne sont pas fatiguées. Pire : qu’elles pètent la forme…
Je peux vous assurer que 30 minutes après l’extinction des feux, elles dormaient à poings fermés.
Moi, non…

Tac Catac – Tac Catac – Tac Catac…
Sur un rythme cadencé à 45 bpm (pour vous faire une idée : https://www.youtube.com/watch?v=JI0E8s8EX8o), ça m’empêche de trouver le sommeil.
Matthieu me dira, à la relecture de cet article, qu’il avait vécu la même chose en se disant à lui-même durant cette nuit : « Ils ne savent pas faire les soudures ici ou quoi ? »

Réveil et arrivée

Toc toc… TOC TOC…
C’est le bruit du contrôleur qui nous réveille à 5h10 pour se préparer à quitter le train.

Les premiers coups, je les entends, mais je peine à réaliser. Les seconds, je me lève fissa, la tête en vrac, j’ouvre et vois le contrôleur me faire des gestes du style :  » Les gars, vous dormez ou quoi ? Faut y aller là ! J’ai envie de dormir, moi. « 

C’est rude, mais tout le monde est prêt en 10 minutes.
On sort du train à 5h30, comme prévu.

Premiers pas au Vietnam

J’avais dit à Matthieu dans le train que je voulais qu’on attende dans le hall de la gare avant qu’il fasse jour (vers 6h30), pour sortir et patienter dans un parc ou un café… Mais nous ne sommes pas dans une gare.

Nous quittons un quai très spartiate par une porte qui mène directement dans un quartier avec de petits immeubles ?!

On avance comme tout le monde dans la nuit. nous sommes sereins et on se dit que nous trouverons bien quelque chose.

Nous sommes contents d’être arrivés au Vietnam. Une nouvelle aventure commence ! Même si cette première journée qui démarre très tôt aura son petit lot de péripéties…

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